Isabelle Clement, Peintre
Présentation
Galeries
Contact
 
Entretien avec Thomas Péchadre

Entretien de novembre 2011
- Thomas Péchadre : Peux-tu te présenter ?
- Isabelle Clement : Je m'appelle Isabelle Clement, je suis auvergnate. Avant de peindre, avant même peut-être d'en avoir le projet, je me suis construite dans la contemplation des grands maîtres, dans la réflexion sur l'histoire de la peinture, mais aussi dans la fascination pour les matières, les tissus, le végétal et dans la curiosité pour le minéral, le pelage des animaux, la carapace des insectes... Il faut s'être bâti soi-même : la musique, les lectures - celle de la poésie contemporaine, en particulier -, les rencontres nourrissent la création, mais aussi la danse que j'ai pratiquée jeune ou le théâtre. Je conçois mon travail comme un écho au réel : il en vient et il y renvoie.
- TP : Quelles sont tes techniques, tes matières de prédilection ?
- IC : Acrylique, craie, encre, gouache, collages, sur papier ou toile, sans véritable exclusive a priori.
- TP : Es-tu dans un rapport académicien ou développes-tu une technique propre ?
- IC : Je suis venue à la peinture assez tard. Aussi, plutôt que de le déplorer et de courir après la maîtrise de ce qui est connu, codifié et parfois rigide ou peu en accord avec mes intentions, j'ai compris que je n'avais pas d'autre choix que d'inventer mes démarches et de détourner, d'adapter, de mêler les pratiques.
- TC : Pour caractériser ton rapport à la technique, choisirais-tu : finalité, moyen, destinée, autre ?
- IC : Je comprends que la maîtrise technique puisse constituer une finalité pour certains. Pour ma part, je recherche la justesse du geste et une gestion satisfaisante des matières, mais cette compétence reste un moyen : j'attends d'être convaincue par le résultat ; je veux qu'il soit en adéquation avec une émotion intérieure, des formes préexistantes, des références visuelles et, surtout, qu'il me paraisse susceptible d'offrir à ceux qui le regarderont une occasion de s'explorer eux-mêmes à leur tour.
- TC : Envisages-tu de te tourner vers d'autres techniques ou plutôt d'approfondir celles déjà en ta possession ?
- IC : Mes pratiques actuelles me conviennent. Je n'ai assurément pas fini d'en explorer les potentialités. Je crois aux vertus de la patience - comme à celles de l'impatience, d'ailleurs - et du travail. Je suis en posture d'accueil. Pour l'avenir, nous verrons bien.
- TP : Quelle place t'accordes-tu dans ta création ?
- IC : Les gestes qui sont les miens existent aussi chez les autres, au moins potentiellement ; les effets que je produis, que je recense, les sensations que j'éprouve peuvent être lus par eux aussi bien que par moi. Les formes, les images subliminales qu'ils décèlent nous sont communes, comme les aspects du ciel, les nuages, le sourire la douleur, les perspectives, l'ambivalence des formes etc. Je suis donc dans ma création, pleinement, c'est-à-dire dans cette humanité que je partage avec les autres.
- TP : Cherches-tu ton expression ou, à l'inverse, ton expression te trouve-t-elle ?
- IC : Je ne sais pas toujours clairement ce que j'ai à exprimer : je réagis encore plus que je n'agis. C'est l'expression qui s'impose, dans une sorte d'étrangeté, parfois, mais si, intérieurement, j'acquiesce à ce que je produis, c'est que j'ai trouvé, même si je ne peux pas dire exactement ce que j'ai trouvé. Je sais simplement que ça parle, qu'il y a un dialogue, un cheminement possible, un peu comme dans la poésie contemporaine qui utilise les mots pour tenter d'apercevoir l'au-delà des mots.
- TP : Que souhaites-tu à celui qui regarde ton travail ?
- IC : Je souhaite à celui qui regarde mon travail de se saisir d'une proposition - serait-ce en commençant par le doute - et de la faire sienne.
- TP : Une exposition qui te ferait rêver ?
- IC : Toutes celles à venir...

voir aussi le portrait proposé par Cécile Guivarch sur le site Terre à Ciel : http://www.terreaciel.net/Isabelle-Clement#.VEVXJRZYxKo



 Cliquez sur la frise pour accéder aux oeuvres.